«Loft-Story » magazine
Pour en finir avec l’amour cul-de-sac

Ce n’est pas en compagnie du docteur Mailloux mais plutôt en présence du thérapeute pour couples et auteur du livre Le grand ménage amou reux que trois célibataires complices ont passé une longue soir ée à s’auto-analyser, amoureusement parlant. Pour éc happer au cercle vicieux de l’amour cul-de-sac qui hante leurs hist oires de cœur depuis des années, trois copines de longue date o nt accepté la proposition de Fa. Elles ont participé à une consultation de monsieur Brisebois qui a dirigé la rencontre d’ une façon habile et des plus profitables pour toutes… même pour nous!

Par : ANNIE TURCOTTE

Afin de mieux les connaître, jetons d’abord un coup d’œil sur la vie quotidienne des trois participantes. Côté professionnel, Nancy est coordonnatrice d’événements, Mélanie est coloriste industrielle alors qu’Audrey est cuisinière. Les demoiselles, qui se connaissent depuis plus de quinze ans, ont respectivement 25, 28 et 25 ans. Anciennes colocataires (ce qui est toujours le cas pour Audrey et Mélanie), elles s’entendent on ne peut mieux, elles se devinent et elles s’adorent. Elles ont une amitié enviable qui semble à l’épreuve de tout.

Outre cette remarquable chimie, elles ont d’autres points culminants en commun : elles vivent toutes loin de l’amour avec un grand A depuis plus de cinq mois, elles en ont ras le bol de rencontrer le même genre de mec, avec le même genre de défauts, dans le même genre de boîtes de nuit. Bref, elles correspondent exactement au genre de filles que nous cherchions et c’est ce qui explique leur présence à table pour cet échange de propos avec monsieur Brisebois qui rappelons le, se spécialise dans les relations homme-femme depuis maintes années.

L’objectif de la soirée est bien simple : Apprendre de nouvelles stratégies de séduction pour ramener des gars différents dans notre vie amoureuse et ainsi stopper la formule épuisante qui nous conduit d’échec en échec dans nos relations de couple. « L’amour est une aventure à laquelle il faut contribuer et non un phénomène hors de contrôle », écrit Robert Brisebois qui nous amène, dans son livre comme lors d’une rencontre, à nous poser des questions fondamentales pour redéfinir nos attentes face à l’amour.

Robert, qu’il faut absolument tutoyer pour avoir droit à ses services, a d’abord exposé et expliqué ses quatre définitions de l’amour :

      1- J'ai envie d’être avec toi;
     2- J'ai envie de toi;
     3- Une fois mon désir assouvi, j’ai envie de partager avec toi;
     4- Une fois cette expérience de partage accomplie, j’ai envie de par tager ma vie avec toi.

Leurs dernières relations amoureuses

Les filles sont maintenant invitées à partager leurs dernières relations amoureuses. Nancy a entamé l’échange en avouant que ses relations manquaient toujours de timing : « La porte n’était jamais ouverte dans les deux sens. Si j’en voyais un dans ma soupe ce n’était pas réciproque et si j’étais plus ou moins bien, c’est le gars qui souhaitait aller de l’avant trop vite. »

Pour sa part, Mélanie considère que ses trois dernières relations étaient toutes bien différentes les unes des autres : « J’ai été la maîtresse passionnée d’un homme pour qui j’ai toujours été le second violon. Ensuite, j’ai eu une relation platonique pendant quatre ans avec un gars qui m’attirait de moins en moins chaque jour pour finalement tomber dans une relation dites deux, deux, deux…» Deux qui signifie, selon les propos de M. Brisebois, j’ai envie de toi. « L’attraction était tellement forte que je m’oubliais. Je me contentais de ce qu’il me donnait. »

Le tour de table s’est terminé sur Audrey qui, à seize ans, est entrée dans une relation qui a duré plus de six ans. Après toutes ces années avec le même gars, assoiffée de différence et de changement, Audrey est plongée tête première dans une relation basée sur la sexualité. Toutefois, l’homme de l’époque ne voulait pas aller plus loin et la belle a eu le cœur brisé.

Le poker amoureux

Robert Brisebois demande aux trois filles de nommer la première personne qu’elles ont tenté de séduire. Sur ce, Nancy a répondu : « Mon père, pour avoir l’auto ». Audrey a dit : « les gars de mon école primaire » et Mélanie a enchaîné avec : « mon professeur ».

«Détrompez-vous! », ajoute le thérapeute en soulignant qu’elles avaient probablement moins de trois ans la première fois qu’elles ont joué leurs cartes amoureuses : « Vous avez sans aucun doute essayé de conquérir le cœur de votre mère ou de votre père en jouant les cartes de votre poker amoureux, c’est-à-dire la somme des attributs que nous croyons posséder et qui sont censés nous permettre de plaire, de séduire. C’est un miroir de notre perception de nous même dans le jeu de la séduction. C’est ce qui, selon nous, nous rend aimables. »

En effet, monsieur Brisebois affirme que, depuis notre tout jeune âge, on joue nos cartes de la même façon en répétant inlassablement la même recette de séduction utilisée avec nos parents. En conséquences, on se retrouve dans un cercle vicieux qui nous conduit de déception en déception, vers l’amour cul-de-sac. Voilà pourquoi, au fil des ans, on a l’impression que nos conjoints changent de visage et de nom sans changer réellement. « On joue la même game toute notre vie avec les fleurs et le pot », dit-il avant de demander aux participantes d’identifier les cartes de l’auto-perception.

Les cartes de l’auto-perception

Robert demande ensuite aux filles d’auto-analyser leur personnalité et d’inscrire ce qui en ressort sur les cartes qu’il leur distribu. Il ne leur demande pas de faire un inventaire exhaustif mais plutôt d’écrire spontanément quelques éléments qui leur viennent à l’esprit.

Sur ses cartes, Nancy inscrit : charmante, drôle, intéressante et intrigante. De son côté Mélanie croit être aimée pour sa générosité, sa sensualité, son assurance et son sourire sécurisant alors que les cartes d’auto-perception d’Audrey sont les suivantes : sociable, belle, souriante, généreuse et séductrice.

Les cartes du connu

Le deuxième exercice consiste à tracer la ligne conductrice de l’ensemble de leurs relations amoureuses. Il faut maintenant qu’elles identifient les points communs de leurs derniers partenaires amoureux. Les divergences d’attentes ont beaucoup marqué les anciens amours de Nancy. Ces ex-compagnons étaient tous des aventuriers spontanés, des gars sensuels, superficiels et de belles apparences.

D’après ce qu’elle a écrit, les ex de Mélanie affichent tous un manque de maturité. Ils sont stagnants, dépendants, de style bons gars et récepteurs universels. Sur ce dernier point, Mélanie précise qu’elle en donne toujours plus que le client en demande par sa trop grande générosité et, inévitablement, ils en profitent. Pourquoi? La réponse de Robert est bien simple : « Tu les as tous attirés avec ta carte auto-perceptive de la générosité ».

D’une autre part, les mecs d’Audrey sont généralement beaux gosses, fidèles et sécurisants mais ils ont aussi tous peur de l’engagement.

Après cet exercice, les filles réalisent déjà beaucoup de choses. Entre autres, elles remarquent qu’elles sont toutes beaucoup plus fortes et dominantes dans leur milieu de travail que dans leurs relations amoureuses. Mélanie comprend aussi qu’elle tombe souvent en amour avec ce que le gars pourrait être et non avec ce que le gars est réellement. Comme bien d’autres, les trois complices rêvent du grand amour, un amour qui les fera encore frémir d’envie après vingt ans de vie commune. Pour y arriver, l’auteur suggère aux filles de sortir de leur zone de confort et de jouer de nouvelles cartes. Ainsi, elles devraient chercher à rencontrer des hommes dans des endroits où elles sont à leur avantage, des lieux qui diffèrent souvent des bars et boîtes de nuit.

Les cartes de la perception extérieure

Les filles doivent maintenant découvrir les cartes qu’elles ont ajoutées à leur jeu au fil des ans, et ce, sans même s’en apercevoir. Monsieur Brisebois invite donc les filles à laisser leur petite personne de côté afin d’écrire quelques cartes sur leurs amies.

Les copines de Nancy la qualifient d’organisatrice, de verbomotrice, d’être entière, de provocatrice, de chercheuse de vérité et de grande oreille.

Mélanie est pour sa part vue de la façon suivante : Verbomotrice, présente, belle à découvrir et complice.

Puis, Nancy et Mélanie considèrent qu’Audrey est le miroir des autres, maman, prévenante, créatrice, unique et irremplaçable.

Après ce petit exercice, Robert Brisebois a ajouté des cartes aux filles. Après quelques heures seulement, il qualifiait Nancy de rassembleuse, Mélanie d’intelligente, et Audrey de sensible. Selon elles, le thérapeute a visé dans le mille.

Apprendre à jouer de nouvelles cartes

Selon l’analyse qu’en tire Robert Brisebois, Nancy affiche moins que ce qu’elle est en réalité. Cette dernière croit que les gars doivent la deviner et elle a tendance à jouer des cartes qui ne reflètent pas la réalité. Pour éloigner les gars superficiels, Robert lui suggère de sortir sa carte « entière ». Elle doit toutefois demeurer verbomotrice car c’est de cette manière que les hommes peuvent détecter sa grande intelligence. De plus, elle devrait afficher davantage son côté rassembleuse, ce qui lui permettrait de rencontrer des hommes bâtisseurs.

Mélanie doit mettre sur table son intelligence. Elle doit donc sortir dans des endroits où les types intelligents abondent (musées, expositions…). Si elle y arrive, elle sera à jamais loin des stagnants qu’elle a appris à détester au fil du temps. Elle devra laisser derrière elle la carte de la générosité qui lui a fait trop souvent prendre du recul en amour et se lancer des défis plus élevés et faire preuve d’assurance.

Audrey doit miser sur le fait qu’elle soit si unique aux yeux de ses proches. Elle doit jouer cette carte à tout prix si elle veut éloigner les gars qui ont peur de l’engagement. Également, elle devrait afficher son côté artiste qu’elle ne reconnaît pas encore. Cela lui permettrait de rencontrer des hommes différents, pour une fois. Séductrice dans l’âme, elle devra dorénavant en faire foi et laisser de côté son insécurité et son ambivalence.

L’adéquation

Finalement, afin qu’elles jouent dorénavant les cartes appropriées à leurs attentes, Robert Brisebois a suggéré aux trois femmes de faire un dernier petit exercice à la maison : l’adéquation. Les filles doivent inscrire dans une colonne ce qu’elles aiment des hommes et, dans une autre colonne, ce qu’elles veulent d’une relation. Ensuite, elles devront éliminer ce qui se contredit d’une colonne à l’autre afin que ce qu’elles aiment corresponde bien, une fois pour toutes, à ce qu’elles veulent.

Selon Zig Zigler : « La peur de la perte des acquis est généralement plus forte que l’appât du gain. » Pas facile de changer de cap. Malgré tout, Robert Brisebois croit fermement qu’il faut oser jouer de nouvelles cartes pour sortir du cul-de-sac dans lequel on a probablement tous été un jour piégés. Même si on demande beaucoup à l’amour et qu’on aspire tous à vivre en couple, gardons simplement en tête cette saine remarque de Robert Brisebois : « Je ne peux être responsable du bonheur de personne et nul n’est responsable de mon bonheur, nul autre que moi. »